29 juin 2020
Bâtir sur le sable ou sur le roc ?

Sur le Roc

La Covid-19 a modifié à tout jamais nos vies.
Agressive, violente, elle a fait irruption dans notre quotidien, chamboulant sur son passage toutes nos habitudes, balayant nos certitudes et nos projets, plongeant nos pays dans un chaos sanitaire, économique et social sans précédent.

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Dans ce climat de confusion et d’égarement, des pages d’Evangile me sont spontanément venus à l’esprit : tout d’abord la tempête apaisée (Mc 4, 35-41) dont le Pape François nous a livré une lecture émouvante et une méditation extraordinaire sur le parvis d’une Place Saint Pierre déserte et silencieuse ; ou encore les constructeurs sages et stupides (Mt 7,24-27) que j’ai relu avec attention :

Un jour Jésus raconta à ses disciples cette parabole :

Un homme construit une maison.
Il creuse profondément jusqu’à ce qu’il trouve les rochers.
C’est sur le roc qu’il pose les fondations.
Une inondation survient. L’eau est violente comme un torrent. Elle frappe avec force les murs nouvellement construits.
Les plus forts ennemis ne pourront jamais la vaincre.

Au contraire, il y a cet autre homme qui ne retient pas ma parole et ne la met pas en pratique. Il ressemble à un homme qui bâtit sur le sable.
Les eaux torrentielles (les épreuves de la vie comme la maladie, les échecs, les tourments de toute sorte) déplacent le sable et sapent la maison.
Elle s’écroule et l’effondrement de cette maison est considérable.

Si nous ne voulons pas que notre vie soit un amas de ruines, disposons-nous à bien écouter et à mettre en pratique la Parole du Seigneur.

Ainsi, même si plus rien ne sera comme avant, nous pourrons regarder l’avenir avec confiance, nous resterons debout quelle que soit la violence des eaux en furie. Notre vie sera fondée sur le Christ, elle reposera sur le Roc.
Nous avons bâti pour l’éternité !

Marie P.
Sur le sable
9 juin 2020
Thérèse et moi…

Je m'appelle Camille-Marie. Je remercie le Seigneur de m'avoir donné des parents avec une foi profonde (mon père aimait la belle musique, et ma mère était humble, très courageuse...). Ils m'ont appris à bien prier et à aimer Jésus, la Sainte Vierge et saint Joseph. J'ai eu une enfance heureuse. Étant l'avant-dernière enfant, j'ai toujours été entourée d'amour.

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Quand ai-je entendu l'appel de Jésus ? 
La première fois, une image du Sacré-Cœur de Jésus a attiré mon attention. Je me suis sentie tellement aimée par ce Jésus qui me présentait son Cœur que, intérieurement, j'ai dit : "Jésus, prends tout mon cœur !" Ma réaction était spontanée, celle d’une enfant de 12 ans.    
Quelques années plus tard, à 16 ans, j'ai clairement entendu une voix murmurer dans mon cœur : "Jésus ne désire que ce qui est le mieux pour toi". J'ai alors compris que Jésus me voulait toute à Lui seul. Mais je ne savais pas comment et quand me donner à Lui. Quelques jours plus tard, au cours d’une conversation avec ma sœur aînée, celle-ci m’a parlé de jeunes femmes entièrement données au Christ, vivant leur consécration à Dieu en plein monde du travail, sans costume particulier. Elle avait ajouté : « Elles vivent le Carmel dans le monde ! »   
Cette conversation m'a apporté énormément de joie et de paix. J'étais très curieuse de rencontrer ces sœurs. J'étais convaincue que Jésus me faisait désirer ce qu'il voulait me donner pour que je puisse répondre avec amour à son Amour Infini. Pour moi, il n'y avait aucun doute. Je décidai alors de me rendre auprès de cette communauté, et d’y faire une expérience de vie pendant quelques jours. C’était là, dans cette communauté que Jésus me voulait. J'ai terminé mes études et j’ai commencé mon aspirât.
Lorsque je suis arrivée en France, j’ai continué à approfondir l’enseignement de saint François de Sales, de sainte Thérèse de Lisieux. En particulier, j’ai appris presque tous les poèmes de sainte Thérèse par cœur, et « l’Histoire d’une âme » est devenue mon livre préféré. Pour lutter contre mes défauts, je me plaçais devant une image de Thérèse et je lui parlais intérieurement, je la contemplais.    
Encore aujourd’hui, en la regardant, j’apprends à être plus courageuse et combative, plus compréhensive et miséricordieuse envers mes sœurs et les personnes différentes de moi ; en la regardant, j’apprends à être plus « disciplinée » et humble, pour aimer Jésus dans sa totalité : l'Enfant Jésus, le Jésus missionnaire à travers la Galilée, le Jésus dans sa passion et son agonie, le Jésus ressuscité, le Jésus dans le Très Saint Sacrement. 
Quand il y a quelques années, j’ai fait définitivement mon Offrande à l'Amour Miséricordieux, je savais que dans cet échange d'amour j’étais la vraie gagnante, car Jésus n’attend rien en échange...

22 mai 2020
Mai ou le mois de Marie

Et oui, le confinement nous a rejoints aussi dans nos îles. Bien qu’allégé, ce fut une grande richesse spirituelle, voire même une bénédiction : comme nous avons apprécié de nous plus nous presser, de passer du temps dans notre petite maison, d’admirer le beau paysage devant nos yeux, les levers de soleil chaque matin !

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Dans cette situation inattendue et exceptionnelle, H, et moi avons profité pour consacrer davantage de temps à la prière, au partage de la Parole de Dieu. Nous avons lu ensemble la Bible, en commençant par l’Evangile selon Saint Marc, le plus court. Nous avons suivi la Messe tous les jours de confinement sur les réseaux sociaux, habillés comme si nous nous allions à l’Eglise. Et au moment de la communion, je disais à Jésus : « Tu es Tout-Puissant et je crois que tu viens réellement dans mon cœur parce que Tu sais que je ne peux pas faire autrement ». Et sa présence se fait véritablement sentir. Comme elle est sans limites la miséricorde du Seigneur !
Toujours à travers les médias, nous avons communié aux moments extraordinaires de prière du Pape François face à « la tempête de la pandémie ». Avec l’arrivée du mois de mai, nous avons prié tous les jours, le chapelet en lien avec le Sanctuaire de Lourdes.
Ah ! Je l’attendais avec impatience ce mois de mai, mois de Marie, afin de préparer un coin de prière dans notre salon, en l’honneur de la Sainte Vierge. Cette année, je me suis divertie à changer chaque jour de statue, chacune d’elle nous rappelant un pèlerinage dans tel ou tel pays, ou une visite dans une église dédiée à la Mère de Dieu, ou une rencontre – comme pour la Vierge de Luján – avec nos sœurs Travailleuses Missionnaires de l’Immaculée d’Argentine, en 2014 à Rome. Que de souvenirs défilent dans notre esprit et que nous partageons non sans un peu de nostalgie. Pour la décoration du « petit autel », je me laisse inspirer par le Saint Esprit et j’utilise tout ce que j’ai sous la main, à la maison, dans notre jardin…
Dans son Manuscrit A, sainte Thérèse de Lisieux a rappelé comment elle a vécu son mois de mai, aux Buissonnets : « Etant trop petite pour aller au mois de Marie je restais avec Victoire et faisais avec elle mes dévotions devant mon petit mois de Marie que j’arrangeais à ma façon ; tout était si petit : chandeliers et pots de fleurs que deux allumettes-bougies l’éclairaient parfaitement… »
Une fois que le « petit autel » est prêt, je le poste sur les réseaux afin d’en faire profiter le plus d’amis possible. Avec mon époux, c’est notre petite action missionnaire en mode confinement.

Maeva
8 mai 2020
Belle comme la lune…

Dans un ciel clair parsemé d’astres la lune brille.
Elle est un disque de feu au centre du firmament. Ses rayons sont d’or.
Elle est comme une reine majestueuse, plus éclatante et séduisante que son escorte d’étoiles.

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Sur la mer une légère pénombre ; aucune vague, mais des scintillements d’argent. Le temps est doux, très calme. C’est le silence… c’est la nuit…
Une nuit sans ténèbres, car là-haut, c’est le jour…
De toute sa surface, avec avidité, la lune boit la lumière.
Son disque est baigné dans une brillante clarté qui lui parvient de régions inconnues. Sa masse tout entière est devenue lumineuse.
La lune voit un soleil que nous ne voyons pas ; elle reflète ses rayons.

Quatre heures ! Notre terre a tourné. La lune descend vers l’Occident.
Elle touche la surface de l’eau, elle prend des teintes de soleil couchant.
Elle passe de l’or au rouge, au jaune, au violet.
Lentement, elle s’enfonce et tandis qu’elle disparaît, le ciel et la mer s’embrasent de teintes foncées.

Soudain, le disque n’est plus.
Il est descendu par-delà l’horizon, mais ses rayons qui montent rougissent encore les flots.
Ils annoncent que de l’autre côté du ciel, à l’Orient, le soleil va paraître.

Cinq heures ! Tandis que dans le port les barques rentrent de la pêche nocturne, tandis que dans le ciel, à l’Occident, le rouge et le violet s’estompent, là-bas… à l’Orient… de la mer monte une blanche clarté : c’est l’aurore, c’est la lueur du jour : le soleil va briller.

La lune pour vingt-quatre heures a rempli sa mystérieuse mission.
En pleine nuit elle nous a dit : « Croyez à la lumière, je la vois face à face. »
En s’effaçant, elle nous a dit : « Le Soleil va paraître. »

La Sainte Vierge est belle comme la lune, rappelait Pie XII :
« Comme resplendit la lune dans le ciel obscur,
de même la beauté de Marie se distingue de toutes les beautés ;
elles paraissent comme des ombres à côté d’elle…
Un rayon de la beauté de Dieu resplendit dans les yeux de sa mère…
Heureux qui peut vous voir, Mère du Seigneur, et s’extasier devant vous. »

M.Roussel-Galle
20 avril 2020
Resurexit. Il est ressuscité !

Les pèlerins d'Emmaüs - Sanctuaire du Saint P. Pio_San Giovanni Rotondo

Resurexit. Il est ressuscité !

Quelques jours après le vendredi saint, un soir,
tandis que la nuit descendait sur la plaine de Jérusalem,
deux disciples de Jésus se dirigeaient vers une bourgade nommée Emmaüs.
Ils songeaient aux événements douloureux de la semaine précédente.
Ils étaient tristes.

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Et voici qu’un étranger s’approche d’eux et se met à entretenir avec eux
une conversation.
« Pourquoi êtes-vous tristes ? Ne savez-vous pas, dit-il,
qu’il fallait que le Christ souffre et meurt pour pouvoir ressusciter ? »
Et tout en parlant, Il entre avec eux dans l’hôtellerie voisine.
C’est alors que le divin Étranger, pour se faire reconnaître
et leur montrer qu’il était bien le Vivant, le semeur de vie,
prend le pain qui est là sur la table et leur donnant :
« Prenez, dit-il, mangez, ceci est mon corps ».
Et puis soudain, il disparut.
C’était Jésus ressuscité qui, à ses deux disciples, venaient de redonner de la joie, de la vie, de l’ardeur !

Jésus ne s’était pas contenté de mettre de la joie dans l’âme de ses disciples d’Emmaüs avant de les quitter, il a voulu leur donner la Vie, la vraie Vie.
« Prenez, mangez, ceci est mon corps.
Celui qui mange de ce pain aura la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. »
Et après deux mille ans, Il est toujours celui à qui la mort obéit,
Il continue à être la source de toute vie.

Après être ressuscité, Jésus est resté encore 40 jours au milieu de ses disciples, mais pendant ces 40 jours, il semble n’avoir eu qu’une pensée : celle de son ascension future :
« Encore un peu de temps, disait-il à ses apôtres, et vous ne me verrez plus. Il faut que je remonte vers mon Père ».

Monter, c’est-à-dire se défaire de ses habitudes mauvaises, s’affranchir de son égoïsme, se libérer de toute attache au péché.

Avec le Christ ressuscité, regardez plus haut, toujours plus haut afin que votre vie, après avoir été une résurrection, soit aussi une lente mais perpétuelle ascension, TOUJOURS PLUS HAUT.

M.Roussel-Galle, Pâques 1935

Chapelle de l'Adoration San Giovanni Rotondo
2 mars 2020
L'Amour comme une aurore accompagne et élève nos pas !

«Eveille l’aurore, soit le sel de la terre, lumière pour tes frères, témoin du Dieu vivant.» (Prophète pour les peuples, Benoit G).

L'Amour comme une aurore nous accompagne à chaque pas de notre vie, il nous guide et nous invite à devenir sel de la terre et lumière pour nos frères.

Un an d’Ecole d’Oraison à Ormoc. Un temps très précieux qui s'inscrit dans l’histoire d’entre nous. A Ormoc, nous avons appris à aimer, à nous plaire dans le silence intérieur et dans le silence extérieur, et à nous mettre à l’écoute du Bon Dieu qui nous parle à travers la Sainte Ecriture mais encore à travers les événements quotidiens.

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Les cours que nous avons reçus nous ont ouvert l’esprit et nous aide à creuser encore aujourd’hui la beauté d’une vie toute donnée au Christ : nous avons approfondi des aspects sur la vie fraternelle, le travail, l’apostolat auprès des enfants du Mékong, auprès des pauvres. Grâce aux pèlerinages, nous avons découvert des lieux magnifiques : la forêt avec ses immenses bois mais aussi ses espèces animales et végétales rares, la mer... Face à l’océan capable de se déchaîner, on ressemble… oui, à des grains de sel prêts à être happés, roulés dans les vagues… Nous savons que durant notre cheminement vocationnel, des tempêtes pourront nous frapper. Mais quelle que soit leur force, si nous sommes ancrées sur le Roc, c’est-à-dire Jésus, nous ne devons pas craindre !

Après une année à Ormoc, nous sommes venues au Burkina Faso au mois de septembre. Voilà donc cinq mois que nous nous intégrons progressivement dans la culture burkinabé. Les habitants sont sociables, généreux. Les récents travaux de la maison contribuent encore plus à l’approfondissement de notre vie ensemble de toutes races. De plus, du fait que c'est un pays francophone, les relations et communications avec les gens sont plus spontanée et la compréhension aussi des textes liturgiques durant la Messe.

Au niveau des études, à Saaba, nous avons des cours de français, de mariologie, de liturgie, de méthodologie et de spiritualité. Ces outils nécessaires pour notre formation actuelle. Quant à ce qui concerne notre vie de travail, chaque jour, nous faisons notre jardin et cette activité nous aide à cultiver aussi notre vie intérieure avec Jésus. Nous sommes très heureuses de vivre ainsi notre travail enraciné dans notre vie contemplative selon les enseignements du Père Marcel Roussel notre fondateur. Car celui-ci nous enseigne qu'il faut apprendre à faire de notre travail une prière. Avec les fruits bio du jardin, nous apprenons à cuisiner particulièrement des plats burkinabés.

Nous sommes aussi très heureuses d'apprendre à être missionnaires auprès des gens dans cette étape de notre formation. Nous avons visité un Centre pour enfants sourds muets qui nous ont beaucoup apporté par leur joie et leur attitude de gratitude continuelle envers Dieu.

Au cours de l’année, nous avons fait un pèlerinage à Yagma, grand sanctuaire Marial du pays. C’est un lieu aride et très éloigné des habitants ; cependant, il attire chaque jour énormément de pèlerins. Nous nous sommes demandées ce qui pouvait bien attirer la foule ? La réponse n’est pas à chercher loin. C’est évidemment la Sainte Vierge, la Maman, qui rayonne de la lumière de son Fils le Soleil Divin ? Tout comme le soleil brille et réchauffe la terre par ses rayons, nous comprenons que pour marcher à la suite de la Sainte Vierge, nous devons nous laisser former pour devenir des rayons de lumière dans notre vie missionnaire.

Nous avons encore eu l'occasion de participer à « une semaine sur la vie consacrée » organisée à la paroisse avec une diversité d'activités. Avec joie, nous avons animé la messe. Comme activités durant cette « semaine », la paroisse a organisé un match de football : des personnes consacrées formaient une équipe et l’autre équipe était composée de mamans et de papas. Deux d'entre nous ont disputé le match qui était fort animé et joyeux. Et pour clôturer la « semaine » il y a eu une Messe à laquelle, toutes nous avons participé ensemble et au cours de laquelle le curé a rappelé le commandement de Jésus: ‘‘Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés’’. Il a souligné aussi le fait et la richesse de la diversité des communautés avec les charismes spécifiques mais ayant toutes le même but, celui de suivre Jésus et de le faire aimer. Après la messe, un échange avec le groupe vocationnel de la paroisse nous a permis de présenter notre vocation et la Société Donum Dei.

Cette expérience si riche a été pour chacune de nous, un moyen pour semer des petites graines dans les cœurs !

Cécile Thao, Marie Ahn ; Marie Yen, Theresa Lan, Anne Hong, Theresina Phuong, Violaine, Marie Xoa, Agnès

Famille Missionnaire Donum Dei

Conseil de Direction
Via dell'Esquilino, 38
00185 Rome
Italie